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Concerne article sur Rima Hassan

Le besoin du conseiller aux Etats Sommaruga d’être vu en toutes circonstances l’a conduit à inviter Mme Rima Hassan au palais fédéral. C’est son droit incontesté, c’est aussi une liberté discutable qu’il prend avec notre démocratie.

Je m’interroge : Si je me trouvais dans une position de parlementaire analogue à la sienne, serais-je capable d’inviter au palais, juste pour « faire le buzz », une personne qui concentre sur elle tout ce qui est contraire à nos usages démocratiques suisses ? L’invitée Hassan a été convaincue d’antisémitisme ; elle se comporte comme si manifestations, désinformation et déprédations étaient des armes acceptables, utilisables lorsque les armes politiques usuelles ont échoué dans l’enceinte législative ; elle alerte le ban et l’arrière-ban de tout ce que la contestation systématique peut rassembler dans un pays ; elle n’a pas vraiment d’intérêt pour le malheureux peuple palestinien, qu’elle prétend défendre, mais qu’elle exploite pour faire avancer d’autres causes moins spectaculaires. En vérité, non, jamais je ne ferais montre d’un opportunisme si minable, même pour flatter l’opinion publique.

L’inclusion de la gauche extrême par le PS se fait au détriment de son aile modérée, la seule capable de produire des compromis et des conquêtes sociales au parlement. Avec Rima Hassan dans son carnet d’adresse, c’est tout l’engagement socialiste constructif du PS que M. Sommaruga détruit.

J’ai grandi dans l’admiration du conseiller d’état genevois André Chavanne, le créateur du cycle d’orientation, moteur de la marche vers l’égalité des chances et l’accroissement du pourcentage de fils d’ouvriers sur les bancs de l’université. Tout ceci est devenu secondaire au PS par rapport à Gaza (mais pas par rapport au Soudan, à l’Ukraine, aux Oighours de Chine, …). 

La dérive du PS me navre. S’il n’y prend pas garde, son aile gauchiste actuelle sera bientôt balayée par d’autres forces encore plus contestataires qu’elle.

Jean Auguste Neyroud, Lausanne