Lettre des sections ASI Genève et Vaud concernant l'UNHRC

Les sections genevoise et vaudoise de l'Association Suisse-Israël ont adressé la lettre suivante au quotidien «Le Temps» (Genève).

Conseil des droits de l’homme de l’ONU et Israël: le théâtre annuel, ça suffit !

La traditionnelle et affligeante session du Conseil des droits de l’homme de l’ONU (UNHRC) se déroule une fois de plus à Genève. Des votes préparés à l’avance débouchent systématiquement sur des condamnations de l’état d’Israël par une majorité de pays trop heureux de voir l’attention mondiale se détourner de l’état des droits de l’homme dans leurs propres pays. Ainsi se profilent chaque année des majorités quasi-automatiques pour accabler Israël, la plupart des pays occidentaux préférant dans les votes l’abstention au refus pour éviter d’éventuelles retombées commerciales pénibles. Les résolutions obtiennent la majorité, le reste du monde est indifférent, peu concerné. Mais, est-il soutenable que l’état d’Israël récolte autant de résolutions négatives que l’ensemble des états fautifs de la planète ?

Il faut le dire clairement: cette mascarade est indigne: indigne de Genève et sa tradition humanitaire, indigne de la mission originale du Conseil, indigne des ambitions de l’Organisation des Nations Unies, indigne et hypocrite en regard du sort des populations concernées. Que le Zimbabwe, Cuba ou encore le Venezuela s’érigent en donneurs de leçons humanitaires étonne. Que sept résolutions épinglent Israël cette année par rapport à une seule contre la Corée du Nord, l’Iran et la Syrie, et aucune contre la Turquie et de nombreux autres pays surprend plus encore. Le Conseil atteint un sommet lorsqu’il réserve chaque année le point 7 (item 7) de son ordre du jour à Israël, et un autre point au reste du monde; cet abonnement, une sorte de privilège VIP d’Israël, permet à ses ennemis de se déchaîner en toute légalité. Qu’est-ce qui ne fonctionne pas au Conseil des droits de l’homme ?

  • La politique partisane régionale a pris le dessus sur la mission de base du Conseil. Des rapports biaisés, tronquées et élaborées loin des sites de l’action remplissent des objectifs stratégiques sans relation avec les missions originales, qui trompent les opinions publiques.
     
  • Le rôle discutable de l’UNRWA est occulté. Conçue à l’origine par l’ONU comme un organe destiné à trouver une solution au problème des réfugiés du conflit israélo-arabe de 1948, cette organisation est devenue au fil du temps une officine vouée à sa propre perpétuation et au maintien de réfugiés – prétendument passés au nombre de 5 millions – dans leur triste situation. Le Conseil ne va pas s’en plaindre: il y trouve son pain quotidien. Les réfugiés, eux, restent sur leur faim, au sens propre du terme.
     
  • Une part importante du Conseil est liée à la cause arabe et musulmane qui n’a pas encore admis la présence d’Israël au Moyen-Orient et lui refuse tout droit. Cette fixation insensée sous-tend une attitude foncièrement hostile à l’égard d’Israël. Cette majorité refuse de comprendre qu’un pays ait le droit de se défendre lorsque sa population civile est bombardée et ses terres incendiées. Ou encore que son armée réagisse face aux débordements frontaliers d’une population palestinienne excitée par les terroristes du Hamas.
     
  • Enfin – ne nous y méprenons pas – l’antisémitisme est à l’œuvre. De beaux esprits contestent le reproche et invoquent l’antisionisme pour conserver leur pureté d’intentions. Nous leur conseillons de lire les traductions des manuels scolaires en langue arabe utilisés par les employés de l’UNRWA. Personne ne songe à revêtir les actions d’Israël d’une blancheur immaculée, mais chacun devrait se persuader que l’antisémitisme relève d’un autre âge, et que rien ne l’autorise.

Il est temps pour le Conseil des droits de l’homme de procéder à une saine évaluation du conflit israélo-palestinien, il est temps pour l’opinion suisse, européenne, mondiale de refuser de participer année après année à une pantomime qui ne fait en rien avancer la recherche de solutions au conflit: Enough is enough, ça suffit, dirons-nous à la manifestation du 18 mars à la Place des Nations.

Association Suisse-Israël
Joël Herzog, président de la Section Genève et
Jean Auguste Neyroud, représentant de la Section Vaud au Comité central et vice-président national

Publication: «Le Temps», 17.3.2019